◊ Lundi 20 octobre – 18h
◊ Auditorium de l’EESAB-site de Rennes
◊ Conférence ouverte à toustes, sans réservation, dans la limite des places disponibles
Figure singulière de la scène artistique contemporaine, Ghazel, d’origine iranienne, interroge avec brio l’histoire, la mémoire et les tensions entre l’intime et le collectif. Son œuvre protéiforme privilégie la vidéo, l’installation, la performance et le dessin et se déploie autour des questions d’identité, d’exil, de la différence ou des effets de la guerre.
Différentes définitions nous permettent de mieux comprendre la notion d’archive. Pour Foucault, elle est intrinsèquement liée à l’idée de fouille archéologique, pour lui il s’agit de « la description de cette masse extraordinairement vaste, complexe, de choses qui ont été dites dans une culture ». Pour sa part, le livre II du code du patrimoine stipule: « Les archives sont l’ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme et leur support matériel, produits ou reçus par toute personne physique ou morale, et par tout service ou organisme public ou privé dans l’exercice de leur activité ».
Chez Ghazel, l’archive n’est pas appréhendée comme une trace figée d’un passé mémoriel mais devient un espace sensible de réactivation critique, poétique et politique. Dans ses séries Me, Road movie, Urgent, parmi d’autres, Ghazel souligne l’ambiguïté entre authenticité et fiction. Dans son œuvre, les formes multiples de l’archive ne constituent pas une simple ressource documentaire, ces formes deviennent un matériau plastique et un acteur majeur du processus créatif. Objets du quotidien, fragments de récits personnels, photographies, documents administratifs, cartes du monde, etc., sont collectés, parfois modifiés ou dénaturés et servent de support de réflexion sur la construction de récits intimes et universels. L’archive devient alors une matière vivante, une archive performée d’une mémoire en action, d’une mémoire en constante mutation.
Dans le cadre du deuxième volet d’exposition LAPSUS – Archives aux Ateliers/Galerie ICI à Bourg des Comptes, cette rencontre avec Ghazel nous permettra de mieux comprendre son œuvre et son rapport à la matérialité et à la fragilité de l’archive. Il sera question aussi d’aborder les enjeux politiques et éthiques de sa démarche plastique.
Ghazel est née à Teheran, Iran. Elle vit entre la France et l’Iran.
Diplômée (DNSEP et DNAP) de l’École des Beaux-arts de Nîmes, elle obtient également une licence en études cinématographiques de l’Université Paul Valéry de Montpellier.
Son œuvre a été exposée dans le monde entier, notamment à la 50e exposition internationale de la Biennale de Venise (2003) | 8e Biennale de La Havane (2003) | 3e Biennale de Sharjah (2005) | 15e Biennale de Sydney (2006) |13 Biennale de La Havane (2019) | etc.
Son travail fait partie de nombreuses collections publiques et privées notamment celles du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou (Paris) | CNAP (Paris) | MUMOK (Vienne) | FRAC-Nouvelle Aquitaine MÉCA (Bordeaux) | FRAC Languedoc-Roussillon (Montpellier) | Musée de l’histoire de l’immigration (Paris) | etc.
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