◊ Du 11 octobre au 14 décembre 2025
◊ EESAB-site de Lorient
◊ Entrée libre et gratuite
◊ Du lundi au vendredi de 13h à 20h, samedi 11 et 15 oct., 15 nov de 14h à 18h.
Fermé les jours fériés et du 25 oct. au 2 nov.
◊ Visites commentées : samedi 11 oct. à 14h – en présence de l’artiste
Samedi 18 oct. à 14h30 et samedi 15 nov. à 14h30.
À l’automne 2020, Juliette Parisot perd sa mère et sa fille de six jours en l’espace de deux mois, des suites de deux erreurs médicales. Ces événements bouleversent profondément sa pratique artistique, l’amenant à explorer des sensations universelles liées à l’absence et au manque. Celle qui reste est l’histoire d’une résilience dont Juliette Parisot nous invite à explorer les étapes. Dans un laboratoire évolutif mêlant photographie, collage et vidéo, l’artiste met en scène l’absence à travers des gestes universels et l’usage d’objets symboliques appartenant à ses proches disparus. Peu à peu, son travail s’ouvre vers une réflexion sur la transmission, où ces objets — vêtements, foulards, langes — deviennent des témoins de l’absence, des supports de mémoire au creux desquels se dessine le spectre d’une image fantôme. La couverture de survie s’intègre à sa démarche comme un matériau à la fois protecteur et fragile : par ses reflets et ses qualités plastiques, elle établit un dialogue entre l’intime et l’universel, entre la matérialité des souvenirs et leur possible effacement.
Comment s’arranger avec l’absence ? Cette question occupe l’histoire des images depuis le début, quand les mains négatives, dans les grottes paléolithiques, se faisaient les traces d’êtres passés. L’image raconte l’absence, ce que le temps fait de nous et des choses, ce que le temps impose à la fureur de vivre. L’image comme représentation du monde rend de nouveau présent. Voilà la force et la violence des images et de ce qu’on en fait être.
Dans ce projet que Juliette Parisot nomme « M », l’image et son concept sont retournés comme des gants. Les images de Juliette ne sont pas une représentation du monde ou d’individus, elles présentent le néant et le donnent à toucher. L’histoire de Juliette est aussi brute que brutale, âpre, mais ce n’est pas sa dureté qui rend son travail puissant.
En choisissant l’image (photographique autant que vidéographique ou installée) pour donner une forme à sa vie éclatée, Juliette fait exploser le cadre de la définition même de la représentation.
C’est dans l’écart avec ce qu’elle représente que l’image de Juliette Parisot transforme, invente, construit et constitue aussi le sujet qu’elle donne à voir. Entre représentation de la figure humaine et traces de la mort, la pratique du portrait que met en scène Juliette pose la question de l’imitation des modèles véhiculés par notre culture, qui articulent
reconnaissance et imaginaire. Car avec cet ensemble de séries qui forme un tout, Juliette Parisot engage les images dans une lutte où l’espoir n’a pas de place. Ce qui reste, c’est l’absence : l’image fantôme ne comble pas, ne remplace pas, elle souligne, elle matérialise le vide.
Cette exposition est co-produite avec le Centre Claude Cahun à Nantes et le Graph CMI à Carcassonne, deux membres du réseau Diagonal. Née à Lyon en 1986, Juliette Parisot y vit et travaille. Titulaire d’une licence en Arts plastiques (Université Jean Monnet, Saint-Étienne) et diplômée en photographie (Icart Photo, Paris), elle a présenté son travail lors d’expositions personnelles (Galerie Delacroix, Centre Claude Cahun, Graph, Galerie de la Librairie du Palais) et collectives (Photo Doc, Omnibus Circus). Depuis 2015, elle collabore avec le spectacle vivant, travaillant pour des compagnies et théâtres tels que la Comédie-Française, la Colline, l’Odéon, le TNP et les Célestins. Ses images sont régulièrement publiées dans la presse.
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