Comment donner à voir et à entendre le vent ?
Avec Le vent tourne, les étudiant·es de l’EESAB ( Brest et Rennes) ont exploré Ouessant à travers ses récits, ses usages et ses paysages sonores. Cela donne une édition sensible qui prolonge une expérience de terrain entre design, enquête et création.
Cette édition se présente sous la forme d’une boîte qui rassemble cinq livrets imprimés en bichromie à la risographie de l’EESAB-site de Brest + un colophon + une série de cartes postales et un QR code donnant accès à une création sonore d’environ 35 minutes. Textes, images et sons y dialoguent pour restituer une expérience collective menée quelques mois plus tôt à Ouessant.
En effet, en octobre 2024, des étudiant·es des sites de Brest et Rennes participent à une résidence de recherche sur l’île. L’objectif était d’ interroger la manière dont le vent est perçu, vécu et raconté. Ici, il ne s’agit pas de concevoir de simples girouettes, mais d’imaginer des dispositifs capables de traduire une expérience située. À Ouessant, le vent structure les usages, influence les relations sociales et façonne le quotidien.
Réparti·es en 5 groupes, les étudiant·es travaillent à partir de contextes spécifiques, en lien direct avec les habitant·es :
- Le port de Lampaul, autour des pratiques nautiques et des échanges avec ses usager·es
- La maison de Marino Jezequel, à l’est de l’île, comme point d’ancrage d’une lecture située du vent
- Le Troell, espace de coworking au cœur du bourg, en lien avec des pratiques locales
- Le SEMO, où le vent est abordé à travers l’orientation, le son et l’écoute
- La bibliothèque de l’île, pour une approche plus poétique et sensible
Chaque lieu donne naissance à une proposition, entre objet, installation et narration.
Le projet s’est construit progressivement :
- En rencontrant pour recueillir les paroles des habitant·es et leurs expériences du vent
- En écoutant afin de produire des podcasts à partir de ces récits
- En créant pour concevoir et installer des dispositifs in situ
Ces différentes étapes nourrissent une approche du design attentive au territoire et à celles et ceux qui l’habitent.
Réalisée entre avril et juin 2025 avec l’accompagnement de Nathalie Bihan, graphiste, l’édition prolonge cette expérience.
Les livrets retracent les recherches menées, tandis que le colophon, rédigé par Caroline Bougourd, théoricienne du design, en propose une lecture plus théorique.
Un QR code permet d’accéder à la création sonore, composée à partir des enregistrements réalisés sur l’île.
Une édition à découvrir dans les bibliothèques de l’école.