Lors de l’année scolaire 2024-2025, les porteurs·euses du festival Nos futurs ont souhaité s’associer avec l’EESAB-site de Rennes pour imaginer et réaliser leur scénographie.
Chaque année, pendant 3 jours, le festival interroge notre monde contemporain, ses usages, sous le slogan « par les jeunes, pour tout le monde ». Un moment qui rassemble plus de 15000 personnes, porté par l’énergie de plus de 300 jeunes organisateur·rices accompagné·es de leurs partenaires : Rennes métropole, Le Monde, Sciences Po Rennes, l’Université de Rennes…

Sous la forme d’un projet pédagogique, un groupe d’étudiant·es, accompagné de Vincent Tordjman, enseignant de l’option Design et scénographe, s’est emparé du sujet et a donc passé l’année à réfléchir autour du festival. Trois étudiantes en option Design et deux étudiant·es en option Communication ont participé au projet : Kirsten Jardine, Louise Guegueniat, Oumayma Stitou en design et pour le graphisme Veronika Dolia et Rei Bry. Retour sur le projet avec Kirsten, Louise et Veronika :
- Connaissiez-vous le festival Nos futurs ? Comment avez-vous rejoint le projet ?
K : Je connaissais Nos futurs, c’est un festival qui m’intéresse. Quand j’ai vu le projet pédagogique présenté dans le livret de l’étudiant·e en début d’année, ça m’a tout de suite plu.
L : J’ai entendu parler de Nos futurs pour la première fois en 2024. Une des étudiantes en option Design, Tess Fouré, y avait fait une intervention autour de la mode durable et un atelier tissage. J’ai découvert le festival plus avant lors des premières présentations aux Champs Libres et je suis restée.
V : Je ne connaissais que de nom. Kirsten m’a proposé de participer : elle est venue me voir et j’ai rapidement dit oui, sans vraiment avoir conscience de ce que cela représentait.
K : Oui, je suis allée voir Veronika, nous avions travaillé ensemble en première année et je connaissais donc ses méthodes de travail, sa façon de faire. Rei nous a rejoint pour renforcer l’équipe, au vu du travail à effectuer !
- Comment s’est déroulée l’année ?
K : Avec un groupe d’étudiant·es, nous avons visité les Champs Libres en début d’année, rencontré Jade Bechtel en charge du festival auprès de Sciences Po, et les technicien·nes pour mieux appréhender les lieux. Jade nous a donné la documentation des années passées pour nous nourrir et le cahier des charges. Et puis c’était parti, on s’est direct mis·es à faire des croquis et des maquettes.
L : Nous n’avions pas tant que ça d’idées, ça partait dans tous les sens et nous avions du mal à nous fixer. Une partie des étudiant·es a finalement décidé de se concentrer sur d’autres projets, ça a permis de se recentrer. Et puis il y a eu une réunion avec l’équipe technique de l’école et nos professeurs pour parler réalité technique.
K : À ce moment, nous étions parties sur un projet autour de l’origami, sur une scénographie qui se pliait. En confrontant le projet au regard des équipes techniques de l’école, nous nous sommes rendues compte de la quantité de travail que cela allait représenter – on a vite compris qu’il faudrait revoir le projet, proposer de nouvelles idées. La piste du tarot a été évoquée lors d’un temps de travail avec Vincent Tordjman, en écho au jeu de tarot d’Alexandre Jodorowsky, et elle a plu à Jade. L’idée était de simplifier la scénographie et de travailler avec des partenaires externes : nous avions donc notre orientation principale et une idée de la scénographie dans les espaces. Le problème était de faire les cartes : nous ne sommes pas graphistes ! Benjamin Gomez, enseignant de l’option Communication mention Design graphique, nous a permis de faire le point sur nos besoins et nous savions que nous aurions besoin d’aide… C’est là que j’ai pensé à Veronika.
V : C’était la première fois que je travaillais sur un tarot. Le sujet m’intéressait, je cherchais à m’impliquer dans de nouveaux projets. Et puis j’ai surtout découvert que ce serait une scénographie, visible par de nombreuses personnes, ça a achevé de me convaincre. J’ai commencé à travailler directement sur les illustrations : le style, les couleurs, les inspirations… Je souhaitais partir sur une idée Art Déco, Art Nouveau, à laquelle j’ai ajouté des références à la fête Malanka : une fête ukrainienne costumée et masquée avec un aspect spirituel qui correspondait au projet. Cela m’a permis d’ajouter ma patte au projet.
K : Le fait de partir sur les cartes, le tarot… Cela a donné l’envie de développer un jeu de cartes à disposition, en plus des éléments fixes du projet. L’idée était de lier les gens entre eux par le biais du jeu : les spectateur·rices, les passant·es, les intervenant·es… Le jeu à disposition permettait de prolonger le projet du festival et d’explorer d’autres aspects de la scénographie. Vu que j’étais en Traverse Art, Design et olfaction, je voulais en effet inclure des parfums dans le projet. Les espaces étaient trop grands pour cela : les cartes à distribuer ont été une solution pour explorer cette idée.
- Quels ont été les obstacles rencontrés ?
L : Pour moi, cela a été le premier projet professionnel de cette envergure. Je n’avais pas forcément conscience dès le début des documents techniques à fournir, des entreprises à contacter, etc. Mais, après la première réunion, l’équipe pédagogique nous a accompagné pour établir un rétro planning, des priorités, etc. Ça a simplifié l’ensemble, même si cela représentait toujours beaucoup de temps !
K : Nous n’étions pas forcément à l’aise avec la 3D d’espace, nécessaire pour les maquettes et les projections. La connaissance d’Oumayma en la matière a été précieuse, elle a souvent permis de débloquer des situations et d’avancer plus rapidement. Nous avons avancé par étapes, avec des rendez-vous fréquents avec l’équipe pédagogique et l’équipe technique.
- Qu’en retirez-vous ?
K : Pour moi qui connaissait déjà le monde professionnel, le projet m’a remise à un niveau d’exigences assez haut. D’autant plus que nous mélangions ici étudiant·es et professionnel·les, qu’il fallait gérer les allers et retours entre les deux mondes, connaître les réalités de chacun·e. Cette expérience me permet aujourd’hui de m’affirmer dans mes créations grâce à la confrontation au regard du public.
L : Ça a été une découverte de parler avec autant d’acteurs, de partenaires, de technicien·nes… Et depuis, j’ai moins d’appréhensions à aller vers les gens, à demander conseil, à solliciter des avis. La scénographie ne fait pas partie de ma pratique, mais cela m’est aujourd’hui précieux sur d’autres projets.
V : C’était assez intéressant de travailler si rapidement : 15 illustrations de cartes en deux mois, 1 mois et demi pour l’impression ! Surtout qu’il y avait deux types d’impressions : à grande échelle et en version carte de tarot standard. Il a fallu réfléchir aux méthodes d’impression, découvrir d’autres techniques. J’ai pu visiter les ateliers d’impression – et puis surtout, il y a eu le plaisir de voir mon travail « en grand » !
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