25 septembre

Didier Lucas • responsale commercial d’Euro‑Shelter

Invité dans le cadre de l’atelier “Matériaux structurels innovants”.

En 2019-2020, les étudiant·e·s de 4e et 5e années travailleront en partenariat avec l’entreprise Euro-Shelter de Rennes. Euro-Shelter travaille avec les matériaux structurels sandwich (nid d’abeille) en mêlant la technologie et l’artisanat avec un savoir-faire d’excellence. Grâce à ces matériaux, il est aujourd’hui possible de faire cohabiter la légèreté et la performance structurelle.
Les étudiant·e·s seront appelé·e·s à concevoir des “objets drapeaux” et innovants, aptes à valoriser le potentiel des matériaux Euro-Shelter. Les technicien·ne·s de l’entreprise collaboreront avec l’EESAB-site de Rennes dans le suivi des projets afin de les orienter vers la faisabilité.
Une sélection des projets réalisés in fine par Euro-Shelter seront ensuite exposés.

26 septembre

Mark Newgarden • auteur de bandes dessinées

Invité dans le cadre d’Azimut #3, en partenariat avec Spéléographies

L’EESAB — site de Rennes, et Spéléographies — biennale des écritures de Rennes et alentour s’associent au festival Formula Bula (Paris) pour accueillir l’auteur de bandes dessinées américain Mark Newgarden, collaborateur du magazine expérimental Raw (dirigé par Françoise Mouly et Art Spiegelman) comme du New-York Times. Outre la co-création (toujours avec Spiegelman) des Crados, célèbres poupées parodiques à destination des mouflets, et son implication dans des séries animées pour la télévision, il est le co-auteur, avec Paul Karasik, du livre How to read Nancy. Sur près de 100 pages, ce dernier décortique un strip de la série Nancy, classique de la bande dessinée américaine signé Ernie Bushmiller. En 2018, cet ouvrage a été récompensé par le prestigieux prix Will Eisner.

2 octobre

Pierre Lucas • DJ et musicien

Musicien professionnel depuis une quinzaine d’années au sein de différentes formations pop, urbaine ou électronique Pierre Lucas joue dans de nombreuses salles et festivals en France et à l’étranger. Que ce soit en tant que membre du groupe Fortune, DJ avec Abstrackt Keal Agram, musicien auprès de Perez et du rappeur Arm... En parallèle de son activité il collabore avec des artistes plasticiens tel que Bruno Peinado, Eva Taulois, It’s Our Playground, Benoît-Marie Moriceau ou encore Yoan Sorin. En 2015, il a composé la musique du deuxième volet du film de Hoël Duret: “La vie héroïque de B.S.” et en 2016, Virginie Barré l’a invité à composer la musique du “Rêve géométrique”.

8 octobre

Yann Deval • designer interactif, motion designer et compositeur musical

Invité dans le cadre du festival Maintenant, en partenariat avec l’association Electrioni-K

Réalités virtuelles & augmentées: Exploration de nouveaux langages artistiques

Yann Deval questionne et augmente la réalité pour créer des expériences interactives et explorer de nouveaux langages. Entre réalités étendues, graphisme animé et lutheries digitales, Yann Deval présentera son parcours interdisciplinaire et sa démarche artistique transversale. Au programme de cette conférence, des questionnements autour de l’utilisation de technologies émergentes dans un cadre artistique, de la réalité virtuelle performative et de la création collaborative.
Après une licence en Histoire du cinéma à la Sorbonne et des études de montage audiovisuel à Cannes, Yann Deval s’installe à Bruxelles en 2006, où il développe une activité de graphiste (motion-designer), de compositeur musical, et de designer interactif. Il travaille pour le cinéma (Le Tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael, L’Écume des Jours de Michel Gondry), le clip-vidéo (Puggy, Sacha Toorop), le documentaire (identité graphique de Babel Express pour Arte), la télévision (Détectives), la communication (Exposition Universelle Shangaï 2010), le théâtre… Il forme occasionnellement de futurs professionnels lors d’ateliers de création numérique (école Arts² Mons, EMMD Bruxelles…). Entre 2012 et 2017, il co-réalise la performance de réalité virtuelle Immersio, qui mélange musique live et arts numériques.
Dans le cadre du festival Maintenant 2019 avec la scénographe Marie-G Losseau, ils présentent l'exposition Atlas proposant une triple expérience des réalités: physique, augmentée et virtuelle.

14 octobre

Jean-Simon Roch • designer et enseignant à l’EESAB

“Comment animer l’inanimé? C’est la question qui habite mon travail depuis mon projet de diplôme à l’ENSCI les Ateliers en 2015.
Depuis, que ce soit pour le Prix Emile Hermès en 2016, pour des dispositifs de médiation en musée, de la direction artistique pour de l’événementiel ou lors d’installations personnelles, je tente de donner vie à ce qui m’entoure en explorant divers médium. Un peu comme Geppetto, tout part souvent d’un petit morceau de bois manipulé à l’Atelier Commode que j’occupe depuis 2017 à Montreuil.”

15 octobre

Julie C. Fortier • artiste et enseignante à l’EESAB

Depuis ses débuts en vidéo et performance, le travail de Julie C. Fortier enregistre le passage du temps à travers la mise en évidence de processus d’effacement et d’évidement. Depuis 2013, elle a ajouté à son répertoire de travail, une recherche expérimentale avec les odeurs et les arômes qui prennent la forme de parfums, d’installations et de dessins ou encore de performances culinaires et olfactives. La puissance mnésique et affective des odeurs modifie les manières de mettre en jeu la mémoire dans les représentations et les récits qu’elle compose. Cet aspect paradoxal d’une absence pourtant présente, invisible mais intimement pénétrante la captive.
Julie C. Fortier est née en 1973 à Sherbrooke (Québec, Canada) et vit à Rennes depuis 2001. Diplômée en 2015 de l’école de parfumerie Le Cinquième Sens à Paris, elle est aussi titulaire d’une maîtrise de l’École des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Son travail fera l’objet d’une exposition personnelle à Volume à Vern-sur-Seiche en novembre 2019 et au Château de Oiron en juin 2020. Il a aussi été exposé au centre d’art Rurart à Rouillé (2019), à la Galerie Luis Adelantado à Valencia (ES) (2019), à Micro-Onde à Vélizy Villacoublay (2018), au Musée des Beaux-arts de Rennes (2017), lors de La nuit blanche de Toronto (2016), à Lille 3000 au Tripostal (2015) et Art by Telephone au Emily Harvey Foundation à New York (2012).

24 octobre

Eva Taulois • artiste et enseignante à l’EESAB

Eva Taulois a grandi au bord de la mer. Après plusieurs années passées à Paris, elle vit désormais à Nantes, où elle a installé son atelier dans une ancienne piscine. Elle raconte des histoires avec des formes et donne très souvent des titres de morceaux de musique à ses œuvres. Elle aime s’assoir dans des expositions comme on s’assoit devant un paysage.
Depuis sa formation à l’école des beaux-arts de Brest, Eva Taulois s’intéresse à la souplesse des matériaux, à leur capacité à recouvrir un objet. Elle regarde de près des savoir-faire artisanaux et industriels et se les approprie. Elle dessine, taille, recouvre, modèle, peint, orchestre des scénographies. Ses œuvres et agencements d’objets sont marqués par le purisme, défini en 1918 par Amédée Ozenfant et Le Corbusier, doctrine moderne préconisant une fusion de l’art et de la vie, autour de formes simples, permutant peinture, sculpture, architecture, design, mobilier, vêtement.
Dans ses récentes propositions, l’exposition devient le théâtre des objets qu’elle crée. Elle se plaît à imaginer ses œuvres comme des personnages qui dialogueraient entre eux, qui “vivraient leur vie”. Ces formes, à la fois accessoires de scène, actrices à part entière pendant une performance et sculptures dans l’espace d’exposition, rappellent les objets géométriques inventés par Guy de Cointet en Californie dans les années 1970. Comme ce dernier, Eva Taulois cherche un pont entre art minimal et art de la scène ainsi qu’entre abstraction et codes culturels.
Chez Eva Taulois, tout est affaire de matière et de surface: la profondeur d’un velours, les reflets synthétiques d’un plastique, la rugosité du crépi... les couleurs occupent également une place à part entière: flamboyantes, elles créent une rythmique et une atmosphère accueillante pour le visiteur.

5 novembre

Sébastien Marchal • dessinateur de caractères et designer graphique

Sébastien Marchal, né en 1979, ayant grandi dans un village de Franche-Comté, monte à Paris en 1998 pour intégrer l’ENSCI (École Nationale Supérieure de Création Industrielle). Il commence dès lors à militer, en pleine effervescence du mouvement altermondialiste. La rencontre avec Vincent Perrottet puis Gérard Paris-Clavel (l’un des fondateurs de Grapus), et l’expérience de ses premières affiches politiques, déplacent peu à peu son intérêt de l’objet vers l'image. Tout en passant une licence en Arts Plastiques à l’université Paris 8, il effectue un stage à l’Atelier de création graphique fin 2005, puis un autre à Nous travaillons ensemble début 2006 (deux ateliers issus de Grapus). Après avoir collaboré durant un an à l’atelier Fabrication maison, il élabore une vaste famille de caractères, la Commune, durant le post-diplôme en typographie de l’ESAD d’Amiens en 2008. Il poursuit depuis un travail de création graphique centré sur des préoccupations sociales, politiques et culturelles, dont les thématiques varient au fil des collaborations avec associations, syndicats, collectifs, chercheurs ou artistes.

6 novembre

Audrey Muratet & Myr Muratet • docteure en écologie & photographe

Écologie des villes

Des changements environnementaux importants se produisent à de multiples échelles dans les territoires urbanisés. La destruction, la fragmentation, la modification, le renouvellement régulier des habitats, les pollutions lumineuse, sonore, de l’air, de l’eau, des sols, les besoins en ressources ont pour conséquence une transformation importante des paysages comme des communautés animales et végétales qu’ils abritent. La taille croissante des métropoles actuelles amplifie ces effets de l’urbanisation sur les conditions environnementales d’accueil et de maintien de la biodiversité. Les réponses des organismes vivants qui peuplent ces aires urbaines sont multiples, ils tolèrent, s’adaptent, évoluent, périclitent… Nous proposons un tour d’horizon de l’état des connaissances acquises sur le fonctionnement naturel des villes — leur écologie — en s’arrêtant longuement sur le cas des friches urbaines; ces communs méconnus abritent une nature luxuriante riche en espèces et en interactions. Les friches sont aussi un lieu-refuge d’un bon nombre d’êtres humains. Nous les rendons visibles.

7 novembre

Antoine Viviani et Pierre-Alain Giraud • Invités TNB

SOLASTALGIA Présentation de l’installation et de l’expérience

Solastalgie est un néologisme inventé en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht. À partir des mots maison, terroir (sol), et douleur (algie) il décrit une forme de crise existentielle, de mélancolie, causée par les changements d’un environnement naturel, familier.
Notre foi dans la technologie, notre contribution au réseau n’ont jamais été aussi grandes. Nous passons nos vies connectés presque en permanence à Internet. Le réseau et la technologie sont devenus porteurs de tous nos espoirs: le progrès technologique est notre horizon. Il nous rendra non seulement plus puissants, et, qui sait, il pourrait peut-être même nous sauver.
L’installation Solastalgia nous invite à voyager dans un étrange futur, à explorer la surface d’une planète dépeuplée et hostile, sur laquelle survit un mystérieux réseau de données… Un futur imaginaire que nous allons pouvoir vivre: nous embarquons dans une expérience unique qui mêle installation d’art immersive et réalité augmentée.
L’application AR Solastalgia nous permettra de faire la même expérience dans notre environnement personnel, notre appartement, notre maison d’enfance... en nous faisant découvrir les vestiges de nos espaces intimes, dans un futur lointain...Dans ce no man’s land, nos sens sont progressivement captés par des sons et des visions fantomatiques. Nous nous connectons à un étrange esprit numérique, qui semble contenir en lui tous nos vestiges numériques, nos rêves et nos cauchemars.
Et s’il ne restait de nous que le réseau? Qu’est-ce que cela raconterait de notre espèce?

12 novembre

Sarah Kremer • dessinatrice de caractères

Le Französisches Etymologisches Wörterbuch (FEW), dictionnaire historique et étymologique du français, est en cours d’informatisation. La conversion numérique des 16000 pages d’articles s’appuie notamment sur la production d’outils typographiques spécifiques. Cette présentation abordera les réflexions engagées dans le cadre de la conception d’une série d’alphabets pour ce dictionnaire, abordant leur dessin, leur encodage et leur utilisation au sein d’interfaces de saisie et de consultation.

21 novembre

Nataša Petrešin-Bachelez • critique et commissaire d’exposition

“Comment pouvons-nous travailler au sein et avec les institutions d’aujourd’hui, en tant que travailleur·euse·s culturel·le·s et artistes, en cette période de racialisation violente et de crise écologique profonde, alors que la surveillance accrue renforce les abus gouvernementaux organisés et transnationaux des ressources naturelles et des biens communs?
Ayant vécu dans les pays du Nord dont les gouvernements provoquent et contribuent à des guerres civiles inhumaines et à des frappes de drones dans certaines régions du monde, obligeant des milliers de personnes à se déplacer et à être dépossédées de leurs biens, je souhaite discuter de la nécessité d'engager divers groupes institutionnels de l'art de ces régions à travers leur propre pratique curatoriale.
En examinant mes propres projets curatoriaux, pour lesquels j’ai été invité à travailler dans des zones géographiques distinctes mais dans une réalité géopolitique entrecroisée, j’essaierai lors de cette rencontre d’aborder la nécessité de ralentir sa façon de travailler et d’être, d’imaginer de nouvelles écologies de soins comme pratique continue et d’écouter avec attention les sentiments qui naissent de rencontres avec des objets et des sujets. Ceci à travers l’exemple de mon projet le plus récent, Contour Biennale 9: Coltan as Cotton, je parlerai de la possibilité d’ouvrir nos frontières institutionnelles et de montrer comment cela fonctionne ou non, et de les rendre plus palpables, audibles, sensibles, doux, poreux et surtout décoloniales et anti-patriarcales.”

25 novembre

Corinne Morel Darleux • militante écosocialiste, auteure et chroniqueuse

Née en 1973, Corinne Morel Darleux a d'abord été consultante avant de claquer la porte du CAC40 et de s’engager au Parti de Gauche où elle a développé le projet écosocialiste jusqu'en 2018. Installée au pied du Vercors, elle prône désormais l'archipélisation des îlots de résistance et la désobéissance civique face à la dégradation brutale du climat et de la biodiversité, et aborde les questions d’effondrement en mêlant politique et poétique, écologie radicale et justice sociale, fictions d'anticipation et dignité du présent.

Mercredi 8 janvier — 18h

Claude Iverné • photographe

“Je nourris depuis une vingtaine d’année un corpus hétérogène d’images, de mots, films, sons et objets liés aux territoires du Soudan en Afrique. J’accumule ces signes comme autant de pièces d’un puzzle descriptif géographique, mental et intime.
L’espace d’exposition comme celui de l’imprimé puisent dans cette collecte pour autant d’interprétations ouvertes, de brouillons, d’esquisses descriptives.
La collection SudanPhotoGraphs déploie ainsi en six volumes une invitation au public à errer sur un territoire qui lui demeure à priori inconnu. Il s’agit d’abord de s’égarer, tout comme moi, se désencombrer des clichés associés à cette terre, autant que de nos usages de l’image et des mots. D’abord se perdre donc avant de s’y retrouver, peut-être, à force d’intuition.
Des rébus plus ou moins clair, des énigmes, des correspondances entre légendes, textes et documents tissent une toile plus large. En lieu de pagination, des combinaisons de lettres plus ou moins aléatoires signalent les planches non reliées et parfois indépendantes.
Le montage de l’ensemble réside en autant d’articulations potentielles. Chaque planche de chaque volume trouve librement sa place selon l’intention du lecteur, et recèle des indices selon l’endroit ou il se trouve alors. Le lecteur explorera le territoire à mesure des empreintes gravées au devant de sa lecture. Tout d’abord une narration lyrique selon la mise en page en cahier, qui ébauche les contours de la fable. Puis le choix du jeu : défaire tout ou partie, inverser, retourner une, deux, trois planches... faire le mur...
Les invités de la collection, artistes et scientifiques liés au Soudan, renforcent l’esprit de cette collection, qui assume l’usage de la subjectivité comme instrument de description. Leurs contributions libres appellent le lecteur à affranchir à son tour son regard.”

Claude Iverné
Salon de barbier de Mohamed Salih Yussif Saalis Hallak
Peuple Haoussa du Nigeria
né à Geneina, Dar-Massalit, Darfour Ouest
Décembre 2007

Lundi 13 janvier — 18h

Bevis Martin et Charlie Youle • artistes

Bevis Martin et Charlie Youle collaborent depuis 2004. Travaillant essentiellement la sculpture, ils explorent nos modes de connaissance du monde, s’amusant avec les glissements de sens notamment dans les ouvrages de transmission de savoirs, les manuels pédagogiques et les dessins d’enfants.

“Toutes les formes qui adviennent entre leurs quatre mains sont déduites de savoirs incomplets, de traductions approximatives, d’interprétations déviantes, le plus souvent dictées par des esprits innocents et avides de connaissance. […] C’est ainsi que les artistes travaillent à améliorer l’inadéquation originelle entre l’idée et son image, qu’ils ramifient la branche fabuleuse menant au vrai par l’assimilation du faux ou encore, encouragent la confusion entre la représentation et la métaphore.”

— Julie Portier

The real world
Bevis Martin et Charlie Youle
Photographie: Marc Domage

Mercredi 15 janvier — 18h

Jérôme Dupeyrat • critique d’art, chercheur, enseignant et commissaire d’exposition

Dans le cadre de l’Atelier de recherche et de création
“Des mots et des choses”


Jérôme Dupeyrat est l'auteur d'une thèse de doctorat consacrée aux livres d'artistes (Les Livres d'artistes entre pratiques alternatives à l'exposition et pratiques d'exposition alternatives, sous la direction de Leszek Brogowski, Université Rennes 2, 2012). Ses activités, souvent collectives (L'agence du doute, BAT éditions et < o > future < o >, La Bibliothèque grise) incluent la recherche, la critique, l'édition, le commissariat d'exposition et l'enseignement. Depuis 2010, il est professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Institut supérieur des Arts de Toulouse, où il est également co-responsable du programme de recherche «LabBooks – écritures éditoriales».

A Stack of Books
Triin Tamm
2011

Mardi 21 janvier — 18h

Johan Brunel • designer

-Consilio consolationis: Réconfort in design-

Designer d’origine finlandaise, Johan Brunel est né en 1977.
En marge des projets publics et privés qu’il mène depuis 2003 en concepteur et constructeur éco-attentif, il ménage un espace d’expression pour cet héritage culturel du Nord. Ses premiers souvenirs se dessinent en Laponie, sur des lacs silencieux et immobiles où l’homme, lui-même d’ordinaire silencieux et brut, semble réserver sa parole au moment du sauna.
Où le langage semble naître de l’hospitalité d’un sauna réussi, qui commence toute vraie rencontre.
En 2014, il est lauréat du 1er Prix Émile Hermès pour La Capsule Ventilée, un refuge de relaxation bioclimatique.
En 2015, nommé pensionnaire à la Villa Médicis, il réalise un projet autour de la question de l’eau et des cultures thermales.
En 2018, il poursuit cette recherche au Japon en tant que résident à la Villa Kujoyama de Kyoto, interrogeant la notion de réconfort collectif en étudiant les japonais aux bains chauds.
En plus de tout ça, associé à Nicolas Omet au sein du studio LOMA, Johan Brunel cherche à accompagner la naissance ou la renaissance de lieux à dimension humaine, à trouver les bonnes équations d’échelles, d’économie, de matériaux et de postures, à rassembler les conditions et outils pour favoriser la compréhension, la rencontre et la collaboration entre les porteurs de projets et les usagers.

www.johanbrunel.com
www.loma.paris

Jeudi 23 janvier — 18h

Stéphanie Solinas • photographe, docteure en arts plastiques

Identités

Stéphanie Solinas (1978, France) explore la pensée à l’œuvre dans l’opération même de «voir» et le tissage complexe du visible et de l’invisible, du rationnel et de la croyance, de la dynamique entre soi et l’autre, qui forme nos identités. Formée à la photographie à l’ENS Louis Lumière, docteure en Arts Plastiques, son champ d’investigation s’étend du XIXe siècle jusqu’au XXIe siècle, d’Alphonse Bertillon à l’intelligence artificielle.
Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles en France et à l’étranger (Rencontres d’Arles, Carré d’Art de Nîmes, Fraenkel LAB et Headlands Center for the Arts à San Francisco, FOAM à Amsterdam, La Maison Rouge à Paris, etc.) Stéphanie Solinas a publié Dominique Lambert, Sans titre (Monsieur Bertillon) et Déserteurs aux éditions RVB Books. Elle a reçu le Prix SCAM de l’Oeuvre Expérimentale pour Ne Me Regarde Pas, son court-métrage pour l’Opéra de Paris / 3e Scène, la bourse franco-américaine pour l’art contemporain Etant Donnés de l’Institut Français pour son travail aux USA, le Prix Edouard Barbe (CNAC Le Magasin). Stéphanie Solinas était pensionnaire 2017-18 de la Villa Médicis, Académie de France à Rome.

Dominique lambert
©stephanie solinas

Mercredi 29 janvier — 18h

Stéphane Boudin-Lestienne • chercheur et commissaire d’exposition

Les fêtes d’art: le bal comme pratique artistique

Léonard de Vinci composait des divertissements pour la cour de Milan, Michel-Ange participait à diverses célébrations à Rome ou Florence. L’implication des créateurs dans ce champ hybride d’événements festifs, a pu parfois susciter des expériences remarquables. De par sa nature éphémère ce type d’exercice a pu être souligné ici ou là mais fut le plus souvent traité de manière marginale, anecdotique. Pourtant depuis le XIXe siècle les bals deviennent un sujet pour les artistes, non plus seulement comme prestataires répondant à des commandes, mais aussi pour eux-mêmes devenant porteurs de propositions festives. N’y aurait-il pas quelque intérêt à considérer cette réappropriation de la fête par les artistes comme une pratique en soi, une production à part, un langage singulier? A la lisière des arts appliqués, du spectacle, de l’architecture et des beaux-arts, la fête, peut s’envisager comme un carrefour pluridisciplinaire, une plateforme d’échange synesthésique: elle sort l’artiste de ses pratiques habituelles et nous propose de dévier des pratiques courantes de consommation esthétique. Fédérant des groupes très divers, le bal d’artistes réunit et brasse les catégories socio-culturelles, devenant un point de rencontre intense entre l’art et la société. De fait, sous l’aspect superficiel, la fête exprime un message, une réponse aux données de l’époque dans laquelle elle s’inscrit.
Stéphane Boudin-Lestienne, docteur en histoire de l’art et de l’architecture, est commissaire et chercheur. Il travaille en binôme avec Alexandre Mare à la villa Noailles, à Hyères, dont ils assurent la programmation des expositions historiques. Ensemble ils se sont consacrés à la redécouverte de créateurs des années 1920-30: Marcel Breuer, Elise Djo-Bourgeois, Georges Hugnet, Jean Hugo, Robert Mallet-Stevens. Dans cette logique d’exploration des sources inédites, ils ont livré un important ouvrage sur Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du 20ème siècle et travaillent régulièrement avec la fondation Civa à Bruxelles. Stéphane Boudin-Lestienne qui s’apprête à publier la première monographie sur Paul Tissier, architecte des fêtes des Années Folles, enseigne à l’Ecole Camondo et collabore également à différents titres de presse: Artpress, Hippocampe, etc. et participe à divers événements liés à la scène contemporaine.

Le bal des Matières
donné par Charles et Marie-Laure de Noailles en juin 1929
dans leur hôtel particulier de la place des États-Unis

Luni 3 février — 18h

Jean-Marie Appriou • artiste

Dans le cadre de la commande artistique de la ligne de métro B — place de la Gare

Jean-Marie Appriou
Gertraud Presenhuber
Courtesy Galerie Eva Presenhuber, Zurich / New York

Jeudi 4 février — 9h30 → 17h

Design & Sécrétions: vers de nouveaux rituels

Pendant des décennies, les designers semblent avoir travaillé pour des usagers dont les corps jamais ne devaient sécréter. Grâce aux “pulsairs” et autres brise-soleil conçus par Le Corbusier, les aisselles du Modulor ne risquaient pas, elles, d’être auréolées. Josephine, la femme américaine moyenne inventée par Henry Dreyfuss, n’était pas inquiétée par son aménorrhée. Embarqués très tôt dans la course vers le confort, les designers – d’objets comme d’interfaces – ont contribué à l’invisibilisation de nos sécrétions, jugées rebutantes, et par là même à la normalisation de nos cadres de vie, de nos mœurs, de nos rapports de genre...
Aujourd’hui, de la gigantesque infrastructure des égouts au plus intime des dispositifs contraceptifs en passant par le mécanisme de la chasse d’eau dont est tributaire l’habitabilité même du gratte-ciel, partout, “l’utopie d’un corps incorporel” craque. Lors de cette journée d’étude, des designers, artistes, anthropologues s'immisceront dans ces récentes brèches et ouvriront, pour les corps qui sécrètent, de nouvelles perspectives.

Évènement Facebook
Programme non détaillé

Visuel réalisé par Eugénie Bidaut, Anaïs Déal,
Justine Herbel et Mathilde Laplace

Lundi 10 février — 18h

Gilles Clément • jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, biologiste et écrivain français

Description à venir.

Mardi 11 février — 18h

Antonio Viola • architecte et théoricien

La maison idéale

Les hommes et les femmes dont nous tombons amoureux ne sont pas toujours les plus beaux ni plus intelligents ni encore les plus riches. Ce sont celles et ceux que nous reconnaissons. La rencontre avec notre maison n’est pas différente. Nous en visitons mille et tombons amoureux d’une seule. Lorsqu’on nous demande: pourquoi lui ou elle? Nous évoquons les sensations, les émotions, qu’un siècle de littérature psychologique nous a appris à verbaliser. Mais si on nous demande pourquoi nous sommes tombés amoureux de notre maison, en plus de dire qu’elle est grande ou petite, lumineuse ou bien exposée, comment pouvons-nous verbaliser les sensations et les émotions qu’elle nous donne à ressentir? Quels mots avons-nous pour raconter notre maison idéale?

Les Maisons des Arcanes
Antonio Viola
2019

Jeudi 13 février — 18h

Soizic Lebrat • musicienne violoncelliste

Soizic présentera son travail de création en musique qui s’est structuré depuis 2009 autour d’une démarche de «recherche-création», à partir d’exemples (Ope1000, Fabrique de musique, Bleu solo, Double Frictional Wheel, Radiophonium, Solo Suite, Bach to 3D, IN(ec)OUT…).

Soizic Lebrat
Photographie: Fokale 32

Mercredi 26 février — 18h

Anne Bertrand • photographe

- Lewis Baltz, de la photographie aux textes -

Né en 1945 à Newport Beach en Californie, mort en 2014 à Paris, l’artiste américain Lewis Baltz a commencé à la fin des années 1960 aux États-Unis une carrière de photographe influencée par l’art conceptuel et caractérisée par une recherche d’objectivité. Parallèlement à son activité plastique, il écrit bientôt des textes critiques sur d’autres photographes, de Walker Evans à Robert Adams, ainsi que sur son propre travail.
En 1985 il s’installe en Europe et se livre désormais à une création hybride, se référant toujours à l’art conceptuel et utilisant encore le médium photographique, mais de façon non exclusive, procédant par projets divers dont certains ne seront pas réalisés. Il écrit par ailleurs sur ses pairs, photographes et artistes contemporains, de Jeff Wall à Felix Gonzalez-Torres, mais aussi sur le cinéma, et aborde le traitement de sujets politiques en art. Avec The Deaths in Newport (1995), il atteint enfin à une réussite littéraire saisissante.
Critique d’art et enseignante, Anne Bertrand a établi l’édition française des Textes de Lewis Baltz, publiée en par la Haute école des arts du Rhin à Strasbourg.

Mardi 10 mars — 18h

Mathias Courtet • commissaire

De l’Or dans les mains

Depuis quelques années nous assistons à une porosité des nomenclatures sagement définies. Le mot Design est utilisé à foison, tout autant que celui de savoir faire ou bien des métiers d’art. Les apprentissages du Design ont intégré les Écoles des Beaux arts, on y soude comme on y moule. Après avoir fait disparaître des ateliers de pratiques, ces grandes écoles d’art renforcent à tour de bras les compétences intellectuelles et techniques en re-créant ces ateliers disparus ou en jachère. Toutes ces écoles structurantes ont ouvert les vannes. Depuis les premières années 2000, on assiste de nouveau à des rapprochements féconds aussi bien dans les formes que dans une langue commune. Nous sommes témoins d’une renaissance à bien des égards entre ce que l’on peut encore nommer Artisan et Artiste.
Au travers d’exemples précis dans l’histoire des arts et aussi sur ce salon résonance[s] nous tenterons de voir et de comprendre comment cette relation entre l’Artiste et l’Artisan se retisse avec une certaine évidence. De l’art dans les mains, tout autant que dans les esprits.

Simon Ballen
Colombie

Mardi 17 mars — 18h

Martin Thoft • photographe

Martin Toft (Danois), basé à Jersey, présentera quelques-uns de ses récents projets de recherche photographique présentés sous forme de journaux, de livres de photos et d'expositions.

conférence en anglais

Martin Thoft

Mardi 24 mars — 18h

Didier Faustino • architecte

Artiste et architecte français, Didier Faustino travaille sur la relation entre corps et espace. À la frontière entre art, design et architecture, sa pratique a débuté dès la fin de ses études en 1995. Son approche est multiforme, allant de l’installation à l’expérimentation, de la création d’œuvres subversives à celle d’espaces propices à l’exacerbation des sens.

XYZ Lounge
Didier Faustino
Gand, 2018
Photographie: Felipe Ribon et David Boureau

Mardi 31 mars — 18h

Pinaffo Pluvinage • studio de designers

Description à venir.

Extraits de Papier Machine vol.0